A la mairie d'Angoulême, sous l'impulsion d'élus comme l'adjointe au maire écologiste Françoise Coutant, on a décidé de prendre le problème à bras-le-corps. Avec une première étape «incontournable» mais qui prend du temps, dit-elle: le diagnostic. Un bureau d'études va être chargé de déterminer quels sont les lampadaires indispensables et ceux qui pourront être supprimés. Et parmi ceux qui resteront en place, quels sont ceux dont on peut réduire sensiblement l'intensité. Premier constat, la ville compte 11.300 points lumineux. «Un nombre abominablement élevé par rapport aux autres villes de France de même importance», assure Yves Brion, maire-adjoint écologiste chargé de la commande publique. Franck Guiso, responsable de l'éclairage public à la mairie, confirme: «Je pense que 7.000 à 8.000 points lumineux seraient plus raisonnables, explique-t-il. Avant d'être à Angoulême, je vivais dans une commune de la région parisienne où il y avait 3.600 points lumineux pour 22.000 habitants».
Limiter la facture énergétique.L'autre enjeu de ce diagnostic, c'est de limiter la facture énergétique du chef-lieu: c'est que chaque année, l'éclairage public représente un budget de 400.000 €. Les élus, et les écologistes en particulier qui, pour mémoire, avaient proposé pendant la campagne municipale «d'éliminer un lampadaire sur deux» savent qu'il y a du pain sur la planche: car les réverbères d'Angoulême ne se contentent pas d'être vétustes et de consommer beaucoup d'énergie, ils éclairent également... mal: les fameuses «boules» par exemple illuminent «plus le ciel que le sol», constate Yves Brion. Si le problème concerne l'éclairage public, il dépasse aussi la collectivité, insiste Françoise Coutant.
5.000 lampadaires à changerL'adjointe aimerait aussi que les entreprises et les commerces s'emparent du sujet. «Eclairer beaucoup et toute la nuit, comme on le fait sur un parking d'hypermarché est une absurdité», admet l'élue citant, par exemple, le cas d'Auchan La Couronne. «Mais ce n'est pas le seul.» L'élue modère cependant ses propos au regard des contraintes des commerçants. «Les compagnies d'assurances leur imposent souvent la lumière en permanence pour des raisons de sécurité.» C'est en raison de cette clause très stricte que des commerçants d'Angoulême, a priori partants dans un premier temps pour éteindre la lumière demain soir en même temps que les bâtiments publics, ont fini par y renoncer.
Au-delà d'Angoulême, le sujet mobilise aussi.A La Couronne, Jean-François Dauré, le maire, a lancé un plan sur trois ans pour changer quelque 2.000 luminaires. «Notre ambition, c'est d'économiser 50.000€ par an sur notre facture énergétique, explique-t-il. C'est-à-dire la moitié de notre budget dédié à l'éclairage public.» La Couronne fait partie des 151 communes de Charente engagées dans cette voie. Elles ont été sollicitées par le Sdeg, le syndicat départemental d'électricité et de gaz à l'origine d'un vaste plan de changement de 5.000 luminaires. Les lampadaires «classiques» de 125 watts seront ainsi remplacés par des leds (ce sont des diodes comme celles que l'on trouve sur les guirlandes de Noël et sur les voyants de télé) de 32 watts. Cette opération d'envergure démarrera fin décembre et s'achèvera à la fin du premier semestre 2011. Coût global: 2,3 millions d'euros. Chaque lampadaire remplacé coûte 378€, financé à 70% par le Sdeg, à 30% par la commune. Sur l'agglomération d'Angoulême en particulier, 1.623 «boules lumineuses» vont ainsi disparaître du paysage. Le champ d'intervention du Sdeg sur le territoire de la Comaga, c'est onze communes, c'est-à-dire toutes, sauf Angoulême, Gond-Pontouvre, Nersac et Soyaux. Ces dernières disposent de leur propre service chargé de l'éclairage public.
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